Pauline Réage
Histoire d'O
Histoire d'O ne raconte en fait pas grand-chose : une jeune femme libre et indépendante (libre sexuellement aussi, pour les années 1950) est emmenée par son amant dans un château, situé à Roissy, où l'on « dresse » les femmes. Elle y devient esclave, de son plein gré. Elle y souffre (elle doit s'accoutumer au fouet) et n'y connaît au fond que peu de plaisirs si ce n'est celui d'appartenir à quelqu'un. C'est dans le donjon de Samois qu'elle est marquée au fer rouge et son sexe percé d'anneaux sur lesquels sont gravées les initiales de son maître.
Ce livre est souvent compris par le public comme une sorte de confession ou encore une forme de prosélytisme pour les pratiques sado-masochistes. Il est tout sauf cela. Bien entendu, Histoire d'O est bien un livre érotique, pornographique, et il est même d'une crudité assez rare dans ce registre. Depuis des années, le bruit courait que Dominique Aury, secrétaire de la Nouvelle Revue française, intellectuelle de haut-vol, ayant tutoyé Borges ou traduit et fait découvrir Fitzgerald, était l'auteur d'Histoire d'O. Peu à peu ça n'a plus été qu'un secret de polichinelle et en 1994, Dominique Aury, âgée de quatre-vingt-six ans, s'est entretenue à ce sujet avec le New Yorker et a expliqué la genèse du récit : amoureuse de Jean Paulhan, elle voulait lui écrire une lettre d'amour en forme de roman : « Je n'étais pas jeune, je n'étais pas jolie. Il me fallait trouver d'autres armes. Le physique n'était pas tout. Les armes étaient aussi dans l'esprit. « Je suis sûr que tu ne peux pas faire ce genre de livres », m'avait-il dit. Eh bien, je peux essayer, ai-je répondu. ». Pauline Réage expliquera aussi s'être avant tout inspirée de fantasmes (non sexuels) qu'elle avait eus enfant.
Commentant le comportement de son héroïne dans Histoire d'O, Pauline Réage dira simplement : « C'est une destruction dans la joie ».
L'ouvrage paraîtra avec une préface de Paulhan, visiblement émerveillé du cadeau : « Enfin une femme qui avoue ! Qui avoue quoi ? Ce dont les femmes se sont de tout temps défendues (mais jamais plus qu'aujourd'hui). Ce que les hommes de tout temps leur reprochaient : qu'elles ne cessent pas d'obéir à leur sang ; que tout est sexe en elles, et jusqu'à l'esprit. Qu'il faudrait sans cesse les nourrir, sans cesse les laver et les farder, sans cesse les battre. Qu'elles ont simplement besoin d'un bon maître, et qui se défie de sa bonté... »
C'est d'ailleurs Paulhan qui avait insisté pour que ce roman, écrit pour lui seul à l'origine, soit publié.
Article ajouté le 2007-04-14 , consulté 240 fois
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Commentaires
poussiere le 14/04/2007 à 17:08:55j'ai lu.... puis j'ai lu..... puis j'ai lu....
puis j'ai rangé....
un jour....
j'ai lu de nouveau....
puis j'ai lu ..encore et encore.. par petit bout... des extraits.... juste pour titiller mes sens....
un délice tous ces instants érotiques volés à ma vie quotidienne....